Jean Levasseur
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Né au Havre le 11 Mai 1935
 
Exaspérant les contrastes pour souligner les paradoxes de l’existence, Jean Levasseur s’adresse au motif avec le plus grand naturel, la plus grande simplicité, pour en restituer l’apparence en dilatant légèrement les couleurs. Mais sans excès, avec une douceur qui stimule la poésie de cette terre Normande.
Une région qu’il connaît si bien que se devine l’intensité de la participation émotive de l’artiste qui cherche à rendre compte de l’intelligence et de la générosité de sa Normandie.
D’ailleurs, de l’harmonie des accords rapportés d’une touche alerte, les formes s’altèrent sans attenter à leur nature. Levasseur réussit à traduire la force du vent, la puissance de l’élément, en travaillant sur des impressions ressenties sur un motif avec lequel il établit un véritable dialogue créatif.
 

Arts Actualités Magazine

 
 
Paris, Bd Delessert
 
 
 
 
Les amateurs de peinture n’imaginent pas toujours, en appréciant les œuvres
exposées de leurs artistes préférés, combien est précieux pour le critique d’art, une connivence entre le talent et l’amitié. Ce n’est pas évident ni nécessaire, bien sûr mais quel bonheur lorsque ce phénomène existe. Et il est, croyez-moi, je l’ai rencontré avec Jean Levasseur, peintre au talent plein d’allant, artiste sensible et méthodique, homme amical et totalement dévoué sans en faire étalage. Ne serait-ce pas ainsi l’expression des vertus de ces cauchois dont il fait partie, ceux que dérobent souvent leur véritable et savoureuse nature derrière la rigueur des saisons et des éléments de la Côte d’Albâtre dont Jean Levasseur n’a de cesse de faire découvrir les secrets et les charmes, grâce à sa belle et puissante manière créatrice.
 

Andrè Ruellan

(mars 2000)

 
 
 
Reflets en baie de Somme
 
 
 
 
Depuis maintenant plus de trente cinq ans, Jean Levasseur est le héraut prodigieux de son terroir. Vaste terroir qui va de la baie de Somme aux sables mouvants du Mont-Saint-Michel : La Normandie, avec les hautes murailles de craie, de silex et d'argile, ses ciels mouillés, le scintillement argenté de la Seine, l'or de ses blés désormais roulés en bottes comme les soleils brûlants de Vincent Van Gogh, la blancheur du pays de Caux, ses ports, petits et grands, de la côte d'albâtre, ses plages de la Côte fleurie, Etretat et ses falaises d'Amont et d'Aval, l'ombre des Demoiselles et d'Arsène Lupin, la mer sans cesse recommencée et ce vent qui gonfle les voiles et condamne barques et navires dans le balancement incessant de l'horizon. Prodigieux inventaire.
 
Jean Levasseur est né au Havre. C'est ici que tout a commencé avec Claude Monet et sa toile prémonitoire intitulée "Impression soleil levant". Une autre manière de contempler la lumière du monde venait de naître. Dès lors, elle transformera tous les regards. Pourtant, déjà, Turner ou Jongking ont été envoutés par l'âpre beauté du Tréport, de Dieppe ou de Fécamp, et Boudin chante les ciels changeants de l'Estuaire. Bien d'autres seront pris au jeu étincelant et mystérieux de cette terre à nulle autre comparable : Matisse, Marquet, Friesz, Braque, Dufy. Non, aucune province de France ne peut s'enorgueillir d'avoir donné autant à l'Art des peintres.
 
Bien sûr, nous ne dirons pas que Jean Levasseur est impressionniste ou post-impressionniste, de l'école de Rouen ou de celle du Havre "qui n'existe pas" tant la création jusqu'à Jean Dubuffet - dans le brut génial - est ici totalement libre et personnelle. Mais il est dans l'intimité de cette glèbe, de cette épaisseur grasse du sol, de ces verts violents du printemps, et des rouilles de l'automne, des "sapins de Noël" pétroliers de Port Jérôme comme des discrètes perles d'or des genêts déposés au bord des valleuses.
 
Les Abeilles
 
Tout est bon. Il n'ya rien à jeter, A l'exemple de celui qu'il considérait comme son maître, Gaston Sébire, il a appris à saisir et cadrer sur le motif. Aujourd'hui, son intimité avec le Pays est si grande qu'il possède l'absolue mémoire des couleurs changeantes de jours en jours au fil des saisons. Quotidienne contemplation.
 
Travaillant à l'écart de toute agitation, à Saint-Aubin-de-Crétot, dans son atelier tourné au Nord, derrière la grande verrière qui distribue posément la lumière sur sa toile, il n'a de cesse de glorifier les paysages de sa terre, conquise, sans cesse plus profondément, à la manière des Vikings, à pas lents, l'âme à vif, les sens aux aguets.
 
Son ami, le peintre Michel Ciry, qui demeure à Varengeville, non loin du Cimetière Marin où repose Georges Braque, a salué Jean Levasseur "l'efficace spontanéité et la profonde authenticité" de sa démarche. Il est difficile de rendre plus bel et plus juste hommage à ce peintre, chantre des multiples émerveillements de son "royaume".
 
Vif, sans vain attardement, précis, il saisit la plénitude de chaque instant, par touches généreuses, prises dans le tourbillon des vents, le rythme des heures et la senteur des lieux.
 
Oui, Jean Levasseur est à la fois marin et paysan. Sa moisson est féconde et sa pêche sans fin. Pour notre plus grand plaisir.
 
 

Daniel Fleury, critique d'Art, Sainte-Adresse, le 30 avril 2003

 

 
 
Paysage Estival
 
 
 
Jean Levasseur "Une bouffée de liberté"
 
Paysages ou marines, la peinture de Levasseur vibre du souffle puissant d'un vent tonique, d'une brise du large qui chante sa soif de liberté. Les herbes se plient, les voiles faseyent, tandis que l'écume court sur la crête des vagues, jusqu'à mourir au rivage. Dans un éclat de couleurs, les pêcheurs, les promeneurs, découpent dans le lointain leurs silhouettes minuscules. Ailleurs, les bateaux vautrent leur coque dans la vase où affrontent les flots, de l'élégance de leur voilure.
Dans une gamme de couleurs le plus souvent tendres, la chaleur irritante des jaunes ouvre la composition sur un horizon souligné de la force symbolique des gris et des bleus profonds qui dessinent un ciel, tourmenté de nuages mélancoliques. Le chaud et le froid, la puissance et le calme. Levasseur navigue entre deux eaux, entretenant de son écriture gestuelle, cette dualité de couleur et de sensations. Au delà du motif reproduit avec force et séduction, c'est l'atmosphère, l'émotion, que cet artiste traduit à travers ses espaces épris d'immensité, qui conservent une grande cohérence de mise en scène. Comme ces rochers, décrits avec synthétisme, qui envahissent le premier plan de leur chaos ou ces plages animées de silhouettes réduites à une touche colorée.
Cette peinture, bercée de ressacs indomptables et poétiques, éclabousse des effluves sauvages d'une nature indépendante. Précisément, c'est cette indépendance, déroutante de vibrations lyriques et de son esprit philosophique, que cet artiste traque de la baie de Somme au cap Gris Nez, exprimant d'une matière profuse des impressions paysagères. La douceur des oppositions tonales favorise l'émergence de cette lumière du Nord, si différente, et le mouvement, toujours présent, contribue largement à la vitalité de ces paysages maritimes. Dans une succession de plans qui créent la profondeur, l'artiste suggère, de sa touche impressionniste, le moindre clapotis des flots, le plus petit frisson des feuillages comme si le grondement de cette mer tonifiante de ses ordeurs de varech, était là, à portée de regard. Et qu'il suffisait de prêter l'oreille, pour l'entendre !
 

Thierry SZNYTKA, Arts Actualités Magazine, n°80, Novembre 1997

 
Pincipales Récompenses et Distinctions :
Médaille du Conseil Général de Seine-Maritime, 1968
Prix de l’A.P.S.H., 1970/1975
Médaille de bronze Indépendants Normands, 1970/1971/1975/1978
Prix de la Ville du Havre, 1971
M.H. Artistes Français, 1973
M.H. Société des Beaux-Arts de Béziers, 1973
Prix Madeleine-Dry, 1974
Diplôme d’honneur Salon de Biarritz, 1975
Médaille d’argent CEAE, Bruxelles, 1976
Médaille d’argent Ville de Bruxelles, 1977
Médaille d’argent Salon de Béziers, 1979
2ème prix Salon de la Bouille, 1983
Prix du Salon d’Yport, 1984
Médaille du Département, 1986
Médaille de la Ville de Mantes-la-Jolie, 1986
Médaille d’or du Mérite et Dévouement Français, 1988
Prix "Art Dialogue", 1990
Croix d’Argent du Mérite et Dévouement Français, 1995
Médaille d’argent des Arts Sciences Lettres, 1995
Croix de Vermeil du Mérite et Dévouement Français, 1997
Médaille ville de Caudebec-en-Caux, 1997
Croix d’Or du Mérite et Dévouement Français, 1999
Figure au BENEZIT
 
Salons
Artistes Français - Salon d’Automne - Indépendants - Comparaisons -
Nationale des Beaux-Arts - Salon de la Marine - Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau -
Surindépendants - Ecole Française - Bruxelles - Mantes-la-Jolie - Rouen - Béziers -
Artistes Honfleurais - Cormeilles-en-Parisis - Amiens - Biarritz - Nice - Avranchin et
Mortainais - Clermont-Ferrand, etc...
 
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